Les Bretons vont à l'Opéra

Les Bretons vont à l'Opéra

Documentaire sur les coulisses de l'opéra.

L'Opera

 

Ceux qui assistent aux retransmissions du MET dans les cinémas Gaumont, ont la possibilité de visiter, à chaque entracte, les coulisses de l'opéra de New-York et de visionner des interviews des costumières, régisseurs et autres travailleurs de l'ombre. Mais tout le monde n'y assiste pas. Ce peut donc être intéressant d'aller voir ce documentaire tourné dans les coulisses de l'opéra de Paris et actuellement diffusé au TNB à Rennes par exemple.


« J’ai filmé une utopie. »Entretien avec Jean-Stéphane Bron, réalisateur de « L’Opéra » —par Sarah Barbedette

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Pendant seize mois, le réalisateur Jean-Stéphane Bron a baladé sa caméra et son regard aiguisé dans les couloirs et les coulisses de l’Opéra Bastille et du Palais Garnier. Le résultat ? Un documentaire-monde qui saisit la pulsion vitale d’une institution. 


À quel moment franchissez-vous les portes de l’Opéra pour la première fois ?
Jean-Stéphane Bron : Je les ai d’abord franchies dans ma tête le jour où mon producteur Philippe Martin m’a parlé de l’idée de faire un film sur l’Opéra. Il n’avait pas terminé sa phrase que j’ai eu le désir de ce film, une intuition de ce qu’il pouvait être. Je voulais filmer l’Opéra comme on filmerait une société, en essayant de comprendre ce qu’elle est. Concrètement, le point de départ était de suivre la première saison de la nouvelle direction. Cette idée ouvrait un espace de possibles en termes de dramaturgie. Mais avant d’entrer physiquement dans le théâtre, il fallait convaincre Stéphane Lissner. Sa première saison était pleine d’enjeux artistiques mais aussi politiques. L’idée qu’une caméra soit présente à ce moment-là n’allait pas de soi, mais il a fini par se laisser convaincre. Une relation de confiance s’est nouée. Elle était nécessaire pour que je puisse être libre.


Vous êtes passé par l’entrée des artistes ?
J-S.B. : Oui car, aussi paradoxal que cela puisse paraître, je n’avais jamais vu de spectacle d’opéra de ma vie. Découvrir un monde à la hauteur du regard d’un profane, c’était aussi le pari du film.


À quel moment la caméra intervient-elle ?
J-S.B. : J’ai passé beaucoup de temps à l’Opéra avant de commencer à filmer, j’ai vu des spectacles, pour essayer de trouver une forme, un dispositif, qui dans mes films précèdent toujours le temps du tournage. Ici, le parti pris est de faire de la coulisse le spectacle lui-même. Et de suivre des personnages, auxquels le spectateur pourrait s’identifier.

  

Vous êtes passé par l'entrée des artistes?

J-S.B : Oui, car, aussi paradoxal que cela puisse paraître, je n'avais jamais vu de spectacle d'opéra de ma vie. Découvrir un monde à la hauteur du regard d'un profane, c'était aussi le pari du film.

 

Comment inscrire sa démarche au sein de celle de l’Opéra ?
J-S.B. : L’Opéra de Paris est un lieu d’excellence où tout converge vers un résultat final, c’est-à-dire la représentation, ce qui va être vu et entendu par le public. Bien sûr, ce n’est pas ce qui m’intéressait. Moi, je voulais montrer le travail, ce moment où s’expriment la difficulté et parfois les conflits. Au fond, ma quête s’arrêtait là où le spectacle commençait. Ma chance est que le tournage s’est étalé sur plus de seize mois, cela a permis de nouer des liens de confiance avec tous les protagonistes, ce qui est un élément essentiel de toute démarche documentaire.


Comment articuler des temporalités différentes, inscrire le temps du film en contrepoint de l’enchaînement quotidien, de la scansion régulière des productions... ?
J-S.B. : Je pensais d’abord en termes de personnages et de dramaturgie. Puis en termes de spectacle. 
J’essayais toujours d’avancer en suivant la ligne de mes protagonistes, tout en construisant de grands mouvements, comme des actes, en m’appuyant sur des œuvres-phares de la saison. Il y a aussi des choses dont je rêvais et qui se sont produites. L’un des personnages principaux du film est un jeune chanteur russe de l’Académie. Je rêvais de le voir rencontrer une grande star, et cette rencontre a eu lieu au hasard d’un couloir, avec Bryn Terfel.

Quand on fait un documentaire, on pense de manière obsessionnelle à ce qui pourrait servir le film. 

 

Vous reste-t-il un souvenir à Cour?

J-S.B : La coulisse des choeurs dans Rigoletto. D'abord parce qu'elle est magnifique, ensuite parce qu'elle pose un hors-champ, ce qui est rare à l'opéra.

 

Et un souvenir à Jardin?

J-S.B : La coulisse des choeurs au début de Moïse et Aaron qui contient d'une manière retenue toute l'ampleur et la puissance du drame qui va suivre...Et l'essoufflement de Fanny Gorse à sa sortie de scène pendant La Bayardère, qui me touche beaucoup.

 

Que racontent les visages que vous avez croisés?

J'ai voulu qu'ils racontent l'état d'une société où l'on peut croire qu'ensemble, collectivement, quelque chose est possible.

(...)

Qu'avez-vous choisi de montrer à travers le montage final?

Une utopie.

 

L'histoire ne dit pas si ce monsieur est retourné voir un spectacle d'opéra depuis qu'il a réalisé ce film.

 



17/04/2017
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