Les Bretons vont à l'Opéra

Les Bretons vont à l'Opéra

L'Amour absolu

Tristan.jpgTristan et Isolde de Richard Wagner

 

Le samedi 8 octobre à 18h. en direct du MET et retransmis dans les cinémas Gaumont.

 

Première œuvre créée sous le patronage de Louis II. Inspiré par son amour pour Mathilde.

 

Un des meilleurs exemples du projet wagnérien de transformer l’opéra en drame musical.

 

Wagner utilise encore une fois, un objet sacré : un philtre, … symbole de la liaison entre deux mondes : le monde des humains et celui des esprits. 

 

Les amants aspirent donc à :

- Une union physique : duo d’amour passionné du 2ème acte et volonté de fusion des corps mais pas seulement.

 

Un duo mystique : Tristan et Isolde chantent leur désir de consacrer leur amour par une mort qui serait le triomphe définitif de la nuit sincère et douce sur le jour vain, perfide et mensonger.

Le plus long duo de l’histoire de la musique. 45 min.   

 

 

- Une union éternelle, mystique, sacrée qui ne peut se concevoir qu’au delà de la mort. Mettre fin au désir pour supprimer le besoin. (philosophie inspirée du Bouddhisme.)

 

  

Isolde disparaît en se fondant dans le grand tout. 

 

 

A la fin de l’acte II, Tristan demande à Isolde si elle veut le suivre dans le royaume d’où la tiré sa mère, le royaume de la nuit.

 

Dans sa longue méditation du 3ème acte, il aspire à retourner dans ce royaume, dont Isolde l’a sorti. (la lumière brille toujours).

 

La fin tragique, plus qu’un renoncement, est une délivrance.

 

 

Pour Wagner

 

- L’amour possède une force intuitive et mystique qui nous donne des aperçus des mondes supérieurs. La révélation religieuse se confond avec la révélation amoureuse. L'extase finale d’amour d’Isolde est à comparer à une extase mystique (Assomption de la Vierge de Titien).

 

L'amour est limitation et le désir ne peut se réaliser que dans la fusion avec le Tout, que dans la mort.

 

 

Plus de morceaux séparés, airs, ensembles. C’est l’apparition de la mélodie continue.

 

Wagner a inventé un nouveau style musical où récitatifs, airs et ensembles ne sont pas séparés comme des numéros clos sur eux-mêmes mais intégrés dans une continuité. L’idée se développe pendant tout le XIXème.

Mais Wagner emploie le terme différemment : la mélodie naît de ce qui reste inexprimé dans le texte. Il faut éviter les passages de transition qui ne veulent rien dire, c’est « l’art de la transition » : le temps musical est devenir permanent, passage perpétuel vers autre chose. Cela crée un effet d’instabilité, d’insécurité et d'inquiétude, (essence même de l'amour selon Wagner).

 

 

« Mais aujourd'hui encore, je cherche en vain une œuvre qui ait la même dangereuse fascination, la même effrayante et suave infinitude que Tristan et Isolde. Le monde est pauvre pour celui qui n'a jamais été assez malade pour goûter cette “volupté de l'enfer”. »

— Friedrich NietzscheEcce Homo

 

 

"Au sein même des wagnériens, il y a les tristaniens. Pour eux, Tristan et Isolde est l'opéra ultime, le chef-d'œuvre indépassable. Wagner aura beau créer ensuite Les Maîtres, le Ring et Parsifal, avec Tristan il a soulevé le voile sur un au-delà qu'aucun autre musicien n'a avant lui (ni après?) su retrouver. L'espace de cet opéra-fleuve, il est parvenu à mettre en notes l'essence même du tourbillon amoureux, l'épure du sentiment, n'hésitant pas à bousculer pour cela les règles de la structure musicale. Miroir de sa propre passion pour Mathilde Wesendonck, Wagner transfigure ses tourments, ses doutes, son feu intérieur.

 

Voilà pourquoi Tristan et Isolde est, au sens premier du terme, un opéra éprouvant. C'est une œuvre qui se ressent, comme un plaisir et comme une blessure. On ne s'y aventure pas sur un coup de tête, comme on passe le nez derrière une porte ouverte. Les tristaniens s'y rendent comme à l'office: le grand rite tragique de l'amour impossible, qui ne peut se résoudre que dans la mort; celle des amants, et peut-être celle de la musique elle-même. "   (Le Figaro)

 

 

Cette fois donc, nous irons au cinéma Gaumont comme nous irions à l'office.

L'expérience est vraiment tentante et il faut profiter de cette occasion inouïe tout en sachant qu'il faudra s"abandonner à la musique sans chercher à retrouver d'autres opéras de notre connaissance.

 

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Casting

 

Sir Simon Rattle   Chef d'orchestre        

 

Stuart Skelton      Tristan    

René Pape            Le Roi Marke                         

Nina Stemme        Isolde

Evgeny Nikitin      Kurwenal

Ekaterina Gubanova   Brangäne

 

 

         

 



02/10/2016
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