Les Bretons vont à l'Opéra

Les Bretons vont à l'Opéra

Lulu

Samedi 21 novembre dans les cinémas Gaumont, en direct du Metroplitan Opéra de New York

 

 

Lulu

lulu-1431966048.jpg

 

 

L’Opéra de Alban Berg, créé à Zürich en 1937, comporte deux actes séparés par un grand interlude, « Filmmusik », scène non représentée de l’emprisonnement de Lulu, qui sépare l’œuvre en deux comme le destin de l’héroïne brisé entre ascension et chute. C’est le conflit entre l’image de soi et la nature indomptée.

Le cirque, dès le début, met en scène des animaux qui représentent les  personnages de l’histoire : ce sont les hommes avec leurs instincts primaires. Le dompteur, symbole de la civilisation (ici mise en accusation), a pour fonction d’asservir leurs pulsions élémentaires, ce qui n’a pour résultat que de leur donner des apparences identiques, de modeler des faux-semblants. La femme serpent y apparaît, elle, comme un monstre que l’on montre au public, ange porteur de tous les péchés.

Lulu sera responsable de la mort de trois de ses amants, avant  d’être tuée par Jack l’Eventreur.  En réalité elle est à la fois criminelle et victime de l’image que la société donne de la femme, séductrice et perverse. Et l’Art est un instrument  privilégié pour imposer cette « idéalisation ». Dans l’opéra c’est un peintre qui deviendra le mari de Lulu, puis le compositeur Alwa son amant. Tous sont épris, non de la femme qu’elle est réellement, mais de l’image d’elle représentée sur le tableau du peintre dont Lulu dit : « Il ne me voit pas, il ne se voit pas lui-même. Il est aveugle… ».  D’ailleurs ils l’appellent Eva, Nelly, Mignon. Elle change de costume plusieurs fois : déguisée en Pierrot sur le tableau, empruntant les habits de la Comtesse pour sortir de prison, ceux du groom pour échapper au policier. Elle n’a guère d’identité propre.

Le tableau de Lulu se dégrade au cours de l’opéra pour remettre en question la représentation par l’art.

Rien d’étonnant alors que la musique et le chant développent ici une « esthétique de la laideur », faite de dissonances  et d’atonalité, en opposition au « beau chant » qui exprime généralement une image idéalisée du réel.

 « La fin sanglante de Lulu doit provoquer chez le spectateur un choc esthétique à la manière expressionniste et conduire à une relecture de l’ensemble de l’opéra dans cette perspective d’une destinée sacrificielle »

 

Voir sur internet l’étude de Fabrice Malkani : « Crise du sens et interrogation sur l’art « , germanica.revues.org

Autres thèmes : le rôle de l’argent, la peinture d’une société malade, l’émancipation des figures féminines.

 

 

Attention ! La retransmission démarrera à 18h30 et non pas à 18h55 comme il avait été annoncé initialement.

 

 
Compositeur     Alban Berg            Mise en scène      William Kentridge     Direction Musicale     James Levine   
                                                              
Distribution       Marlis Petersen (Lulu)             Susan Graham (Comtesse Geschwitz)                 Daniel Brenna (Alwa)    

 

 
    

 

  novembre



22/11/2015
4 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Musique pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 59 autres membres