Les Bretons vont à l'Opéra

Les Bretons vont à l'Opéra

Pourquoi Butterfly nous fait-elle tant pleurer?

Le 2 avril, en direct du MET de New-York au cinéma Gaumont à 18h55

 

Madame Butterfly

 

 

Nous en connaissons beaucoup des histoires tristes, des films tristes mais ils ne sont pas accompagnés par cette musique enveloppante qui nous emporte dans un autre monde. 

Les héros d'un roman ou d'un film nous disent leurs émotions. La musique de Puccini propage les émotions en sons.

 

La fragile Cio-Cio-San, dite Butterfly, c’est-à-dire papillon est une femme-enfant de quinze ans, pleine de naïveté et de pureté. Elle apparaît, précédée du choeur de ses amies qui chantent au loin Tous les éléments du drame sont musicalement présents dans la présentation du personnage qui voit son entrée couronnée d’un contre-ré, la note la plus aigüe écrite par Puccini pour une soprano.  Le thème musical associé à l’évocation du suicide du père de Cio-Cio-San suscite déjà le pressentiment de la fin qui attend l’héroïne.   Madama_Butterfly_07.3 (1).jpg

 

 

           L’action se déroule à Nagasaki vers 1900. Un officier américain, Pinkerton, s’apprête à emménager dans une nouvelle maison avec une nouvelle épouse, âgée de quinze ans. Cette dernière est enthousiasmée par la perspective de ce mariage, même s’il est de toute évidence arrangé à la « mode japonaise » par Goro, un « marieur » qui a tout de l’entremetteur. La naïve enfant est allée jusqu’à se convertir au christianisme pour vivre en parfaite harmonie avec son futur mari, ce qui lui vaudra d’être définitivement reniée par sa famille.

 

 

 Pinkerton se confie ouvertement au consul américain Sharpless qui ne comprend pas les raisons de ce « mariage ». Evoquant le moment où il s’unira à une véritable épouse américaine, Pinkerton avoue sa fascination présente et passagère pour celle qui  semble sortir d’un subtil décor de paravent… « Quand de son brillant fond de laque…se détache ce petit papillon » qui « voltige et se pose avec une telle grâce silencieuse », « une fureur de le poursuivre m’assaille, quand bien même je devrais lui briser les ailes ».

 

 

L’héroïne de Puccini est condamnée d’avance par ce cynisme et cet égoïsme. Le spectateur rendu omniscient dès la scène d’exposition pressent le sort terrible qui attend la sincère et passionnée geisha, aveuglée par les apparences d’un amour aussi ensorceleur que trompeur.

 Puccini fait du personnage de Cio-Cio-San un être profondément humain et sensible dans lequel chacun peut se projeter. Elle est pratiquement toujours en scène et lorsqu’elle s’en retire, elle est encore présente grâce aux thèmes musicaux qui établissent une atmosphère mélancolique et  aérienne comme le vol d’un fragile papillon. 

 

   Cette modernité de l’œuvre se nourrit aussi de ce qu’il est convenu d’appeler vers le milieu du XIXème le « japonisme ». Ce mot a été forgé pour rendre compte de l’engouement que suscita le Japon, en particulier en France, chez un grand nombre d’artistes. Zola ou Edmond de Goncourt, Manet, Degas, ou Vincent Van Goh, pour n’en citer que quelques-uns, manifestèrent tous un intérêt grandissant pour l’art japonais qui bénéficia de la notoriété procurée par les grandes Expositions Universelles de Paris (1867 et 1878) et de Londres (1862).

Ce contact avec l’Extrême-Orient permet à ses écrivains et à ses peintres de renouveler leur vision artistique et il semble bien qu’il en aille de même pour Puccini qui emprunte au Japon plus qu’un décor exotique.

 

Le compositeur ne se contente pas de faire des emprunts aux mélodies japonaises qu’il a utilisées mais il invente à partir d’elles tout un matériel mélodique issu de l’écriture musicale japonaise, comme le thème pentatonique de la geisha qui domine les dernières pages de l’opéra.  La partition recrée la musique japonaise en utilisant les sonorités nouvelles des  bois, des cloches et des gongs. 

 


 

 

Chef d’orchestre : Karel Mark Chichon

 

Cio-Cio-San : Kristine Opolais

 

Pinkerton : Roberto Alagna

 

Susuky: Maria Zifchak

 

Sharpless : Dwayne Croft

 

 

  

 

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29/03/2016
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