Les Bretons vont à l'Opéra

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Carmen Bastille lundi 13 mars : Déception
pelleas

La production présentée est celle de Calixto Bieito créée il y a 18 ans à Barcelone et qui a fait le tour du monde.
Elle raconte le désir d'indépendance d'une femme et les faiblesses d'un homme et sa triste descente aux enfers.
Le metteur en scène situe l'action à la libération du franquisme: une mise en scène cinématographique dépourvue de tout éxotisme de pacotille, en se concentrant sur les rapports des personnages et en créant des images crues et violentes que l'on peut résumer en trois mots : animalité, brutalité, obscénité. Le parti pris est osé mais cohérent. Le spectateur a le choix de l'accepter ou de le refuser.
La réussite d'une telle entreprise nécessite un engagement total ( à la fois théâtral et musical ) des interprètes ...
Hélas, seul, Roberto Alagna répond aux éxigences ; tragique et bouleversant avec un chant et une diction, comme toujours, impeccables, une projection superlative, un phrasé simple et direct, une intensité dramatique
exceptionnelle. Il n'interprète pas, il est la vérité de José.
Clementine Margin ( Carmen ) possède une voix ample aux graves profonds et aux aigus percutants mais le médium est sourd et inaudible, sans projection, l'articulation pâteuse et le style brouillon (nombreux sons tubés,
appogiatures supprimées, couverture systématique des voyelles O et A, nombreux portamenti ) . De plus sa Carmen est figée dans l'agressivité, dépourvue de sensualité et d'émotion, là où Béatrice Uria-Monzon s'investissait corps et âme.
Alexandra Kurzak ( Micaela ) est une soprano clair à l'émission douce, la voix est souple malgré un aigu (si naturel ) un peu raide manquant d'ampleur pour le vaisseau de Bastille. La voix me parait encore trop légère pour affronter le rôle mais du moins sait elle chanter.
Franco Tagliavini ( Escamillo ) voix sombre, lui aussi diction mâchée, théâtralement un Escamillo éteint sans " aura "
Des rôles dits secondaires je retiendrai la Frasquita de Vannina Santini dont la voix claire et brillante passe aisément la rampe et la très belle voix bien menée de Jean Luc Ballestra dans Moralès ; les autres sont à la fois inexistants et inaudibles ( dommage pour le superbe quintette du 2ieme acte passé à la trappe ).
Les choeurs sont très impliqués dramatiquement et efficaces musicalement hélas la direction est molle, sans énergie avec quelques décalages et flottements avec les chanteurs ( la séguedille )
En résumé : une Carmen sans émotion sauvée par Roberto Alagna. Merci à lui .

Dernière modification le vendredi 17 Mars 2017 à 22:39:09

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Le fait que la production soit vieille ne l'excuse pas et on peut représenter Carmen sans «exotisme de pacotille» mais aussi sans animalité, bestialité etc... Non, le spectateur n'a pas le choix. Il paie pour voir Carmen et fait les frais de la nullité des metteurs en scènes. Cela devient de plus en plus récurrent. Ce doit être très difficile pour les chanteurs de s'adapter et quand bien même, ils auraient chanté parfaitement, le spectacle serait resté imbuvable. Le parti pris n'est pas osé, bien au contraire, il est dans l'air du temps et ceux qui l'approuvent sous prétexte de cohérence facile sont complices de la dégradation des spectacles en général. C'est encore plus désespérant. Même Alagna n'a pas pu la sauver. Je l'ai personnellement trouvé extérieur au personnage et c'est normal. Toutes ces productions sont du«foutage de gueule» mais on a l'amabilité de nous reconnaître le droit de ne pas apprécier. Bien aimable.

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Merci pour ces échos directs de Carmen Bastille!
Odile

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Bonjour à tous -  merci pour toutes ces réactions.
Je suis allée voir FIDELIO à Rennes ce vendredi soir - n'hésitez pas, il doit encore rester quelques possibilités. Monique A.

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Si tu nous encourages, Monique, c'est que tu as aimé?

Merci Jean-Michel, j'attendais ta critique avec impatience. C'et toujours très intéressant de te lire.
Pour Fidelio,j'y étais aussi hier soir. Une belle mise en scène, de belles voix et beaucoup d'émotion et bien sûr la musique est superbe et l'orchestre était bien dirigé.Une très belle soirée à l'opéra de Rennes !
pelleas

Ouh ! Là ! Là !
En écrivant ce compte-rendu, je ne pensais pas provoquer de telles réactions ! Si on lit correctement le texte, rien n'indique que j'apprécie le spectacle décrit....qu'on se rassure donc....je n'ai pas aimé cette production, aussitôt vue, aussitôt oubliée mais ma démarche de chanteur retraité est de relater un spectacle en respectant un travail effectué par des chanteurs et un metteur en scène et son équipe car toute production, même celle que l'on déteste est le résultat d'un travail digne de respect. Comme on peut le remarquer ma démarche est avant tout MUSICALE. Je ne cherche pas à imposer un point de vue mais de faire profiter mes expériences et apporter des éclairages constructifs à tous les adhérents passionnés....
Musicalement Pelleas.

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Respect pour les artistes musiciens et chanteurs oui, mais les metteurs en scène ne méritent aucun respect, car eux-même uniquement préocupés de leur petit ego ne respectent ni le public, ni les chanteurs, ni les oeuvres. Non seulement on a le droit de ne pas aimer mais aussi le devoir de le crier haut et fort si on veut avoir l'espoir  (bien maigre) que cela cesse....

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