Les Bretons vont à l'Opéra

Les Bretons vont à l'Opéra

Samson et Dalila Opera Bastille
pelleas

Samson à l'origine devait être un oratorio l'importance du choeur en témoigne. SaintSaens, influencé par Wagner (usage expressif du leitmotiv ,déclamation lyrique) transforme l'oratorio en opéra où patriotisme, séduction ,
remords et vengeance sont les sources d'inspiration.
L'orchestre de Samson est remarquablement écrit, jamais lourd, clair, riche en couleurs.La direction de Philippe Jordan, à la fois ample et délicate cisèle mille détails avec des tempi assez lents.
Le choeur, en totale osmose avec l'orchestre est exemplaire de cohésion.
Les seconds rôles sont dominés par le vieillard hébreu de Nicolas Cavalier, voix solide et profonde au jeu scénique d'une humanité touchante.
Nicolas Testé est un Abimelech correct ;la voix est parfois détimbrée manquant de projection.
Le Grand Prêtre de Egils Silins est banal, voix sombre manquant de mordant.La diction est incomprehensible (aucune consonne) Où sont les Bianco, Bacquier, Massard, Blanc ou Fondary ? Seul Ludovic Tézier pourrait reprendre le flambeau du Grand Prêtre.
Alexander Antonenko possède l'exacte couleur du rôle, la voix est robuste mais il apporte une fragilité touchante malgré une diction difficile.Par moment il a manqué de puissance.Emprunté au début, il est émouvant dans sa déchéance, bouleversant dans l'air de la meule où j'ai entendu passer des accents de Jon Vickers !!
La Dalila d'A.Rachvelishvili mérite à elle seule le déplacement: voix ample, graves profonds et chauds, naturels jamais poitrines, aigus brillants, timbre riche qui traduit sans effort tous les sentiments à la fois amoureuse, perverse, enjôleuse, manipulatrice; la ligne de chant est d'une égalité stupéfiante au legato parfait.
Hélas la mise en scène est particulièrement décevante, décors sommaires, des costumes peu seyants, elle rabaisse le drame biblique en fait divers contemporain.On ne comprend pas ce que Danielo Michieletto a voulu démontrer si ce n'est l 'opposition d' un homme seul contre un groupe...On n'a pas échappé, une nouvelle fois au viol et aux mitraillettes, péché mignon des mises en scènes actuelles en manque d'inspiration et aux contradictions avec le livret.Ici le Grand Prêtre est l'amant de Dalila qui n'est plus une vengeresse mais une femme amoureuse regrettant sa trahison et s'immolant par le feu...Samson se coupant lui même les cheveux pour les offrir, soumis, à Dalila.
Quelques belles images et une fin spectaculaire ne font pas un spectacle mémorable.
En résumé: un choeur splendide, un orchestre magnifique et une immense Dalila.

Merci MB pour cette critique si détaillée! Je me réjouissais de pouvoir enfin assister, en salle,  à une représentation de ce magnifique opéra. Maintenant, je suis prévenu! Il faudra donc fermer les yeux, bien ouvrir ses oreilles à l'orchestre et aux chœurs et attendre Dalila! Tout n'est donc pas négatif. On sera attentif à tout ce qui concerne tes remarques.
Il n'empêche que la mise en scène s'applique de plus en plus à nous gâcher nos spectacles. 

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